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Anti-libéral par raison

 

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avant-propos : cet article a pour origine cet échange de twitt

 

  1. ": Delevoye : « Il faut passer à une société de partage » " Oui ! Redistribuons 57% du PIB !! !!!

     
  2. Le PIB redistribué c'est de la croissance et surtout de la dépense intérieur.Que feriez-vous vous de ce revenu supplémentaire

     
  3. Avec pas mal de gaspillage bureaucratique dans l'intermède. On dépense mieux son argent que celui des autres.

    L'image apparaîtra en tant que lien
  4. Beaucoup d'entreprises privées on aussi de la déperdition... Si vous permettez j'essaierai de vous répondre sur mon blog

     
  5. 2/2 parce que argumenter ces questions en tweet ne permet pas le débat Bon ne soyez pas pressé, j'aime la lenteur...

 

 

Et en fait, j'aime tellement la lenteur, que ce n'est que le début de la réponse. La première des raisons pour laquelle je ne suis pas contre la dépense publique, c'est que je ne suis pas libéral.

 

***

 

Les gens qui comme moi approchent de la cinquantaine connaissent la crise depuis qu’ils sont en âge de raison.

Le mot a été tellement répété qu’il en devient vide. Nous avons eu le premier choc pétrolier, le deuxième, les crises immobilières, la crise du charbonnage, de l’industrie automobile, la mutation informatique, la bulle internet, le passage à l’an 2000, les subprimes, la crise financière, la désindustrialisation

Et pendant ce même laps de temps on a vu émerger et se renforcer des groupes supranationaux dont les chiffres d’affaire dépassent les produits intérieurs bruts des états.

 

Bien entendu, je ne veux pas dire que les multinationales sont arrivées après 1970, elles étaient là bien avant, je veux juste souligner que ce qu’on appelle crise depuis 50 ans est juste une manière de faire supporter à ceux qui en souffre, les mutations dues à l’évolution, du remplacement d’une technologie par une autre, d’un système par un autre, et qui n’ayant pas été formés, ou n’étant plus en capacité de le faire, restent à l’écart, voire régressent, pendant que d’autres, eux, sont portés par le progrès.

 

Le mot CRISE est un mot creux, un fourre-tout, comme il y en a beaucoup. Un concept vague, qui cache en fait des problèmes qui sont eux identifiables.

Et en 40 ans nous avons beaucoup progressé en Europe en confort de vie, tout en nous sentant en crise.

 

Dans le monde, il n’y a pas de finalisme global, pas de but, ni de sens général, il y a juste des systèmes qui s’associent en symbiose en communauté d’intérêts et qui essayent d’influer sur les autres et d’orienter l’évolution globale vers la direction qui les sert.

Le plein emploi n’a rien de naturel ni de logique pas plus que la crise n’est une maladie ou une anomalie. Il y a d’un côté un monde compliqué, chaotique, non finaliste, et de l’autre des pays qui essayent de trouver des politiques (des réflexions collectives) adaptées.

Et l’ensemble évolue tant bien que mal.

Avant la deuxième guerre mondiale, les états géraient entre-eux la société monde. Il y avait des états coloniaux, d’autres non. Après-guerre, les multinationales sont apparues au-devant de la scène et progressivement, elles ont gagné en pouvoir aidées par les pays qui ont vite vu l’intérêt d’avoir des structures capables, non plus de coloniser, mais d’aller travailler dans les autres pays, y faire des bénéfices, vendre, parfois y traiter les activités polluantes, trouver de la main d'oeuvre à bas coût, y récupérer les matières premières, y acheter des terres cultivables…

 

C’est grâce à ces multinationales que nos sociétés occidentales avec une croissance faible mais un revenu par habitants honorable, drainent la richesse du monde, les matières premières à leur profit.

 

Et petit à petit en devenant des géants tentaculaires des spécialités qui sont les leurs, ces multinationales se sont hissées d’abord au-dessus des petits pays et dans les 20 dernières années, elles sont devenues les interlocuteurs directs des grands pays et des continents qui leur délèguent des pouvoirs et écoutent leurs avis.

 

Je n’ai aucun à priori économique, j’adore le capitalisme que je trouve être un modèle parfaitement adapté à l’intelligence créative humaine, j'aime aussi la coopérative, l'association non lucrative... En revanche je suis un ennemi du libéralisme pour une raison simple :

La raison sociale de l’entreprise est le profit, c’est une ambition unique qui la place de fait en dessous des états qui ont pour raisons sociales, eux, la sécurité, la santé, l’éducation, l’écologie, le développement durable, la justice, la défense collective…

L’état doit toujours garder un rôle législatif et régalien sur les opérateurs qui assurent des activités sur son territoire y compris sur les sociétés dont le seul but social est le profit et uniquement le profit.

 

Une autre raison qui m'oppose au libéralisme, est plus philosophique. C’est la thèse pseudo-Darwinienne qui « l’auto-place » en corrélation avec le modèle évolutionniste globale par la sélection du mieux adapté.

 

En fait, cette vision nie ce qui fait la force de l’humain dans l'évolution. C’est-à-dire d’utiliser son intelligence pour non plus, se soumettre à l’évolution, au mieux adapté, au plus fort, mais bien pour orienter l’évolution dans la direction qu’il veut, pour l’intérêt du groupe

 

Nous avons commencé avec la sélection agricole où nous avons créé, amélioré, des espèces sorties de la logique hasardeuse de l’évolution pour justement leur donner comme finalité le bien être humain.

Nous avons continué avec l’architecture qui nous a permis de coloniser des zones qui ne nous convenaient pas « naturellement ».

Et plus nous avançons plus nous nous éloignons de la seule logique causale initiale, plus notre finalisme intelligent devient efficace.

 

L’intelligence collective permet de réfléchir à la répartition des richesses, à la limitation des rejets, à la création de sociétés solidaires avancées. Le libéralisme est pour moi, la négation de l’intelligence humaine organisée en société, la négation du groupe, du pays, il se met uniquement au service des économiquement forts.

 

Et un des problèmes que rencontre notre société surmédiatisée, est que beaucoup de personnes qui se présentent comme des économistes, et donc, normalement, des scientifiques neutres, sont en fait des libéraux acquis aux idéaux des plus riches et souvent formés et financés par leurs entreprises. Pourtant, je ne veux pas définir ici une sorte de racisme anti libéral, je ne suis pas un homme de rejet. Ce que je reproche au libéralisme, c’est de ne fonctionner que dans une seule direction : l’économique vers le profit. Alors que l’humain doit réfléchir ses actions dans trois dimensions :

 

économie : profit/progrès/gain

écologie : préservation de la planète/ de la ressource/ de la qualité du milieu

social : bien être du groupe humain

 

Tout système, pensée, proposition politique ou économique qui ne traite qu’une seule de ces dimensions en ignorant les deux autres n’est pas adaptée à la problématique humaine. Et toute décision devrait être confrontée à ces trois paramètres avant de conduire à l’action. Je suis donc anti libéral par raison.

 

 

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