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Banques d'affaires et économie mondiale

 

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Le système économique « Monde »

 

La première caractéristique du système économique monde, est d’être libéral. A l’échelle de la planète, le système économique est même ultra libéral par nature : il y a des opérateurs mondiaux, aucun gouvernement en face, et très peu de règles, pas de salaire minimum, le travail des enfants est pratiqué couramment, il n’y a pas de protection sociale.

Le profit est la seule finalité des échanges, il n’y a aucune protection des peuples, ni des ressources, ni même de pensée écologique ou politique opposable aux entreprises.

 

A cette échelle de relation, il n’y a aucune éthique commune, que des zones d’influences, les seuls organismes internationaux économiquement influents, l’OMC et le FMI se préoccupent essentiellement de la stabilité monétaire pour l’un et des échanges entre grande puissance pour l’autre, et avec une influence macro réelle qui reste à prouver. Ils ne peuvent agir contre les grandes puissances.

 

MONNAIES :

Crise de sur-liquidité et industrie financière folle

 

Au niveau mondial, depuis 1973, ce sont les taux de change flottant qui régissent les cours des principales monnaies et jugent de l’adaptation de la masse monétaire en rapport avec l’activité économique de la zone en faisant bouger les cours.

Tout au moins devraient.

Malheureusement, ce système de logique libérale, ne fonctionne pas et se trouve actuellement au bord de l’explosion pour plusieurs raisons :

 

Tout d’abord les États-Unis dont la monnaie est la seule à servir aux échanges internationaux ont largement abusé de cette position dominante pour mettre en circulation plus de dollars que ne le demandait l’économie, essentiellement pour pouvoir financer leurs guerres (Golfe et Afghanistan). Concomitamment, ils ont émis des bons du trésor qu’ils remboursent maintenant par émissions monétaires.

 

Ensuite parce qu’une grande partie de la masse monétaire placée et en circulation est issue de sources opaques : paradis fiscaux, trafic, fraude… Il n’y a aucun cadastre qui relie un fond placé à la contrepartie économique d’où il vient

 

Ensuite toujours parce qu’on a laissé les banques d’affaire créer des produits structurés sophistiqués dont aucun régulateur de marché ne comprends le montage et la crise des subprimes a montré de manière incontestable que certains de ces produits pouvaient reposer sur des actifs sans valeurs (ou à valeur éteinte) sans que ces banques s’en soucient, ni que les régulateurs le voient.

 

Et enfin parce que les fonds de placements et les fonds souverains, qui constituent un prélèvement sur l’économie d’aujourd’hui sensé se trouver valorisé dans l’économie de demain, reposent sur le postulat d’une croissance continue de l’économie Monde, de plus en plus douteuse et devant être remise en question.

 

Tout le système repose sur des banques d’affaires, mastodontes de la finance qui brassent ces fonds, embauchent les meilleurs cerveaux humains, les forment à leurs principes économiques et les placent à la fois en audit des finances public des pays, en conseil des banques centrales et en agent de marché où ils spéculent sur des monnaies dont, non seulement, ils connaissent parfaitement les forces et faiblesses mais, en plus, exigent des banques centrales la transparence absolue des politiques économiques.

 

Ainsi ayant créé des Crédits Default Swap (CDS) au départ pour garantir leurs client des risques de variations de taux de change entre deux monnaies et afin d’assurer que le prix payé en devise vendeur sera celui convenu, en voyant la rentabilité de ces produits, ils les ont dénaturé de produits d’assurance, ils sont devenus produits de placement à risque et génèrent des milliards de profit pour ces banques.

Avec juste un petit hic : Ces gains financiers qui consiste à encaisser des primes d’assurances contre un risque de baisse de cours hypothétique, sont énormément rentable, mais expose « le banquier devenu assureur » de manière exponentielle en cas de réalisation du risque.

Produits sûr et utile à la base, quand ils servent pour des contrats réels, ils deviennent source d’emballement systémique en cas de retournement, de crise !

 

Idem pour les spéculations monétaires : Informées des politiques des banques centrales, les banques d’affaires ont créé des systèmes où elles empruntent, par exemple, des dollars au cours annoncé par le trésor US durablement en baisse et les prêtent, toujours par exemple, à des collectivités Françaises à un taux attractifs, avec juste une clause, qui fait que si le taux de change s’inverse, c’est la collectivité qui voit son taux d’intérêt monter. Non seulement la banque gagne sur le swap de change et sur le taux d’intérêt mais l’emprunteur la garantit du risque d’erreur.

Le système fonctionne parfaitement, pour la banque.

 

Tellement parfaitement qu’elles le déclinent en d’autre produits, d’autres systèmes, des emprunts garantissent des hausses ou des baisses de cours de matières première.

 

Elles vendent aussi à découvert du pétrole, du fer, du chocolat, du blé ou n’importe quelle valeur prévue à la baisse, récupèrent les sommes et les investissent dans d’autres, (cuivre, nickel, action internet…) prévues à la hausse.

Elles jouent des sommes qu’elles n’ont pas et les gains financiers de ces leviers à mises négatives sont colossaux. Elles font des bulles avec les marchés et partent les premières avant la chute parce qu’elles écrivent elles-mêmes les règles. Sauf… quand elles se trompent.

 

trading haute fréquences

 

Depuis quatre ans, elles ont une autre source de gain, le trading haute fréquences (THF). En se rapprochant physiquement au plus près des centres informatiques de trading (qu'on appelait autrefois les bourses), elles se placent à la vitesse de la lumière entre le donneur d’ordre à la vente ou à l’achat d’action et le précède dans la transaction.

 

Pour être très clair, c’est exactement comme si dans une vente aux enchères, il y avait quelqu’un qui surveillant la salle, serait plus près du commissaire-priseur, lui cacherait la vue, achèterait l’objet à 10 et le revendrait à 11 à l’acheteur final qu’il a vu enchérir avant d’acheter lui-même.

 

Plus encore, les ordres, étant annulables en bourse, ces centres THF peuvent induire de fausses tendances en offrant des millions de titres à la vente ou à l’achat et en les retirant avant l’exécution !

Ces transactions produisent des gains infimes individuellement qui se transforment en milliards de dollars mensuels en se cumulant.

 

Ils sont très exactement ce qu’aurait été une taxe Taubin généralisée sur les transactions financières, mais au lieu d’être destinée au développement, ils vont vers l’industrie financière. Et de manière assez incroyable, aucun régulateur n’intervient sur ce hold up sur chaque transaction.

Le moyen évident de bloquer le THF qui prélève son dû sur chaque échange étant justement une micro-taxe, sur chaque titre vendu ou acheté qui ramènerait ces milliards dans la poche des états et non plus celles des banques.

 

Pourquoi l’industrie financière est un problème économique et politique ?

La réponse vient de plusieurs anomalies.

 

La première anomalie est que ces gains de swap, de différences de cours, ne créent aucune richesse autre que financière : quand une personne travaille, et fabrique une baguette, par exemple, il produit une chose utile la vend et en tire un bénéfice.

Idem avec un service, quand un banquier classique voit un entrepreneur, qu’il évalue un projet, ses risques et finance, il fait un bénéfice. C’est vrai dans toute l’économie, les services internet, les jeux, l’agriculture, les mines, la transformation… Cette règle de création de richesse réelle/bénéfice est vrai dans tout SAUF dans la finance. Et là où l’industrie, l’économie durable offre 5% à 7% de rentabilité, la finance offre des 15, 20 % parfois plus, mais avec des risques de perte énorme en cas d’erreur.

 

En fait, le THF est révélateur du fonctionnement de la finance spéculative, partout elle anticipe les mouvements de l’économie et par les marchés et ses outils, elle prélève son bénéfice sur toutes les transactions entre les acteurs économiques. Banques centrales, entreprises, client, producteurs…. Sans créer de richesse ! L’industrie financière telle qu’elle se comporte actuellement est un parasite du capitalisme

 

La deuxième anomalie est que les banques d’affaires sont dorénavant en délit d’initié permanent vis-à-vis des états et des grandes entreprises, elles en sont les audits, elles connaissent les stocks de matière première et les politiques mises en place et utilisent leurs connaissances pour spéculer.

 

La troisième est que les cerveaux qu’elles achètent sont supérieurs en qualités et en quantité à celle de toute autre industrie, mais surtout aux moyens humains des régulateurs qui devraient normalement les contrôler et agissent quasiment toujours en retard d’une crise.

Elles en sont mêmes à fournir les prestataires qui travaillent sur les règlementations les concernant. Et pratiquent à coup de milliards le lobbying, au point d’avoir réussi à faire passer en 2008 dans les initiatives du G8 au pire de la crise, la création des darkpools qui opacifient encore plus le marché actions !

 

La quatrième est qu’elles ramènent des gains tellement colossaux à leur pays d’origine qu’aucun état ne veut risquer de se les mettre à dos et qu’elles prennent la domination sur les autorités politiques

 

Et enfin, la moins acceptable, la cinquième, c’est que ces banques ont été capables de titriser des actifs, de maquiller des produits, de se mettre en faillite financière ou renflouer en entrainant la planète dans la crise et que contrairement à ce qui serait arrivé pour n’importe quelle entreprise ayant fait de telles infractions la sanction a été très, très mesurée et surtout les banques centrales ont été largement mises à contribution pour les remettre à flots et très peu de têtes sont tombées parmi celles qui ont piloté ces entreprises en connaissance de cause.

 

Et pourtant ce constat de la situation, perdure et s’auto justifie dans le fait que justement, la finance mondiale tient encore, après la crise dont elle a été responsable, en oubliant juste les dizaines de milliards perdus aux frais des états.

Comme les enjeux sont à la fois colossaux et complexes, il est difficile de comprendre les ressorts et les aboutissements, d’autant plus que la plupart des économistes qui interviennent dans les journaux télé, radio, sont en fait pour la plupart des consultants de cette industrie, ils sont libéraux, politiquement engagés, ce ne sont pas des scientifiques neutres ni des journalistes. Il ne font pas de l’économie, il font de la politique.

 

Et pourtant, il est urgent de mettre en face de ces colosses des lois et une autorité internationale de régulation, en se rappelant la crise de 2008.

 

 

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