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En finir avec le modèle Allemand

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En finir avec le modèle Allemand

Les anomalies de l’Euro

 

Ce qui caractérise un économiste libéral, c’est l'encencement de la récompense de l’entrepreneur et le rejet de tout ce qui contraint l’entreprise : L’impôt bien sûr, mais aussi l’assurance chômage, la sécurité sociale, le salaire minimum, la protection du salarié, le droit du travail, les associations de consommateurs, les horaires légales...

Et dès qu’il trouve un pays dont l’une ou plusieurs de ses révulsions sont absentes et qui réussit économiquement, il attribue la réussite à cette absence de régulation.

C’est ce qu’un libéral appelle faire de l’économie.

 

C’est exactement ce qui se passe en France avec l’Allemagne. Avec son taux d’emploi 6 % supérieur à celui de la France, sa balance des paiements outrageusement excédentaire, les économistes libéraux ont immédiatement joué au jeu des 7 erreurs et trouvé : l’absence de salaire minimum, l’indemnisation plus courte du chômage, la durée légal du travail plus longue, moins de congé, la retraite plus tardive, la rigueur budgétaire…

Tout cela bien entendu, sans relever qu’il est plus facile de faire de la rigueur budgétaire et de contenir les impôts avec un excédent commercial de 200 Milliards, qu’avec un déficit de 67 et un taux d’emploi record avec une démographie négative.

 

200 Mds d’excédents commerciaux ?

 

Revenons simplement à l’histoire, dans les années 80, La France et la RFA sont des pays réconciliés relativement comparables économiquement, de temps en temps, l’un est devant, ensuite c’est l’autre. La principale différence est surtout monétaire. A cause du traumatisme de l’inflation qui a précédé à l’arrivée des nazis en 1933, l’Allemagne voue un culte à la stabilité de sa monnaie, le Mark, que la France n’a pas avec le Franc. Alors que le Mark reste en Europe, à peu près, paritaire avec le Franc Suisse, le Franc se dévalue par l’inflation et des dévaluations compétitives au rythme de 15 à 8 % l’an jusqu’en 1989.

 

En 1989, le mur de Berlin tombe. Encouragées par la France, la RDA et la RFA fusionnent en Allemagne réunifiée. La reconstruction de l’ex RDA coute cher, mais c’est un but noble pour une nation.

Il faut dire que dans la préparation de l’Euro, la monnaie Mark a fasciné tous les pays latins qui ont presque toujours régler leurs problèmes en jouant la monnaie compétitive.

L’Allemagne arrive sans problème à édicter des règles d’indépendance de la BCE, de non financement direct des états (contraire aux autres monnaies, comme le Dollar, le Yen, le Yuan ou la Livre anglaise), et édicte la règle constitutionnelle maîtresse de l’Euro : Combattre l’inflation.

 

Arrive 2002 et la généralisation de l’Euro dans sa zone. En Allemagne, Schröder fait passer des réformes impopulaires, comme la baisse des retraites pour éviter un dérapage budgétaire issu du coût de la reconstruction en entrant dans l’Euro.…

Au vu des résultats allemand en 2013, il s’avère que non seulement ces réformes n’étaient pas indispensables, mais elles ont accentué à la fois le déséquilibre de la zone Euro et la baisse de la démographie allemande.

 

Pour comprendre, il faut arrêter l’histoire pour passer à la géographie. Tapez « pays zone euro » dans google image ou n’importe quel autre moteur, et regardez une carte de l’Union Europeenne, de la Zone Euro et la position de l’Allemagne

Dès 2002, l’Allemagne qui avec l’ex RDA a des relations privilégiées avec l’Est : la Pologne, l’Estonie, la Lituanie, mais aussi les Tchèques, la Hongrie, la Roumanie, se retrouve bordée par des pays en libre échange à monnaies faibles et à main d’œuvre à bas coût et à l’Ouest et au Sud, par des pays à fort pouvoir d’achat, à monnaie dorénavant forte, et partenaires de longue date de la RFA : toute la zone Euro.

C’est bien entendu cette situation historique et géographique extraordinaire, accompagné de la double culture Est/Ouest qui fait l’extraordinaire réussite du commerce extérieur de ce pays.

Pas son absence de salaire minimum !

 

Extraordinaire réussite, mais…

 

Le problème de la réussite allemande pour l’Europe, c’est qu’elle est tellement forte qu’elle déstabilise la zone Euro. Normalement, quand une zone aussi vaste que la France, la Belgique, l’Espagne, le Portugal, L’Italie et la Grèce et maintenant les pays bas, se trouve en mauvaise santé économique, automatiquement la monnaie baisse, cela redonne un peu de compétitivité, et l’économie repart. Là, à cause des excédents Allemand, l’Euro atteint des plafonds et pénalise nos exportations. Il ne s’ajuste pas. Et comme la BCE a pour règle de combattre l’inflation même quand elle serait utile, nous restons bloqués avec une croissance atone et une monnaie forte qui pénalise toutes nos exportations.

 

L’Allemagne n’a pas ce problème, puisqu’elle a des industries dont l’ingénierie et le management sont sur son territoire, qui utilisent le change pour produire à bas coût à l'Est et vendre en zone Euro et même, hors zone, les produits amortis devenus compétitifs même en Dollars.

 

De la même manière pour la fuite des cerveaux, l’Allemagne que sa politique sociale et familiale conduit à l’extinction démographique, organise par le biais des sociétés de services, des salons toutes les semaines en Espagne, en Italie, au Portugal pour inciter les diplômés à migrer chez elles. Tout en offrant un emploi à ces jeunes, elles assèchent les ressources futures de ces pays en captant leur matière grise.

 

Et il y a aussi le problème de l’intransigeance.

Fier de ses résultats qu’elle attribue uniquement à l’excellence de son pays, Mme Merkel reste sourde aux problèmes des pays Latins qui risquent de s’enfoncer encore dans la crise, jusqu’à devenir un problème pour l’Allemagne et le monde entier. Au point que même le trésor Américain souligne dorénavant l’anomalie des résultats du commerce extérieur allemand et s’inquiète du déséquilibre de la zone.

 

Que faire ?

 

Entrer en guerre avec l’Allemagne en 2014, pour le centenaire ? Non bien sûr. Grace à 65 ans de construction, l’Europe et la zone Euro sont des zones de franches amitiés entre les peuples, n’en déplaise aux extrêmes. Néanmoins, l’amitié franco-allemande avec une Allemagne sourde à nos difficultés, n’est pas une fin en elle-même.

 

Même si le scénario Grec est impossible pour la France, Too Big To Fail, une hausse des taux serait une catastrophe pour notre pays et pour nos impôts, comme pour tous les pays latins.

 

La situation actuelle doit être considérée comme intenable, parce que nous sommes réellement au bord d’un gouffre et nous devons anticiper la catastrophe à venir sans nous voiler les yeux.

 

Il faut réaliser un audit qui ausculte les résultats allemands et ses impacts sur la zone Euro de manière à définir un argumentaire clair et factuel à la négociation que nous sommes maintenant contraints d’engager.

 

Tout aussi urgent, est de placer des négociateurs aguerris dans les équipes de la Banque de France, et des relations Européennes parce que le moins qu’on puisse dire est que les équipes actuelles sont d’un angélisme crasse depuis les négociations de création de l’Euro, depuis quinze ans, et qu’elles n’ont pas anticipé une seule des anomalies que le système mis en place générait pour nous.

 

Beaucoup plus dur, mais encore plus important, Il faut créer une alliance des pays latins et aller à Francfort pour obtenir de la BCE une autonomie des banques centrales adhérentes pour qu’elles puissent financer la dette de manière encadrée. En effet, si le directeur de la BCE, Mario Dragghi, a bien annoncé en 2012 et à mots couvert que la BCE ne faillirait pas à son rôle de « prêteur en dernier recours » en cas de défaillance d’un état de la zone, le laps de temps entre l’événement et le déclenchement du dernier recours sur les sommes en jeux, conduira, de fait, à une catastrophe financière pour le pays concerné.

 

Hors, il faut savoir que le financement des dettes publiques par les banques centrales se fait partout hors zone euro (nommément au Etats Unis, en Chine, en Angleterre, Au Japon…). Et cela est une différence énorme : Londres se finance auprès de la Banque d’Angleterre à un taux élevé, 2,5 à 3 % mais étant le seul actionnaire, elle récupère sous formes de dividendes et d’impôt, la majorité de ce taux. Si la France retrouvait simplement ce seul droit, son déficit budgétaire 2013, passerait sous les 1,3 %. C’est par ailleurs aussi ce dégagement de l’Euro de l’économie de zone, qui en fait une monnaie technocratique, sans adéquation de son taux de change avec l’état de santé économique des Etats émetteurs. C’est une véritable anomalie, parce que ce phénomène se cumule avec l’absence de fédération qui pourrait pallier cela par une redistribution (une péréquation) des revenus entre états comme aux États-Unis

 

Bien entendu, faire le tansfert de la totalité des dettes sur les banques centrales n’aurait pas de sens et relancerait une crise de sur-liquidité, mais s’interdire complètement cette possibilité nous mets la tête sous le couperet des marchés avec un risque intolérable, majeur et catastrophique de dérapage de taux. La seule réponse actuelle à un tel dérapage étant la dette et l’impôt.

La mise en sécurité definitive des comptes publics des états européens de la zone Euro contre les marchés devrait être une priorité en 2014.

La récupération des taux d’intérêt sur les banques centrale est aussi un moyen, pour les pays européen de récupérer sur une monnaie surévaluée, une partie des sommes qui ont été transposées en dettes souveraines pour sauver le système monétaire.

 

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