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Noirceur

LIEN VERS LE SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG

SECTION Nouvelles, Journal et portraits intime

 

 à ma délicieuse primolectrice @Albertine_Auber

 

Noirceur

 

Il y a dans les grands livres et les grands films des niveaux de lectures où l’on peut voir des facettes de la vie et parfois, des dimensions de l’être humain qui mériteraient de très longs discours, étayés de psychanalyse, pour expliquer en beaucoup de mots savants ce qu’un scénario montre simplement d’une réalité épurée.

 

Autour de la noirceur, deux films me restent en mémoire : Le portrait de Dorian Gray et Dr Jekyll et Mr Hyde.

Dans ces deux films, il y a avant tout cette évocation de la noirceur de l’être, qui pousse ces notables à sortir la nuit dans les rues de Londres, à rejoindre les quartiers les plus pauvres et à s’y repaître de chair fraiche et de mauvais alcool.

Je parle de noirceur, non pas d’un point de vue moral, mais bien parce que cette évocation sombre dans ces deux immenses chefs d’œuvres, sans y être détaillé, tient bien de l’utilisation, de la domination et de la destruction par l’argent et la force, de personnes faibles et non de simple libertinage consenti.

 

C’est l’aveu de l’existence de cette noirceur intrinsèque de l’être humain dans une société puritaine qui donne d’abord la force de ces deux livres et films et ensuite le traitement magnifique dans deux intrigues opposées qui les rend magiques.

 

Dans le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde, dans une parabole magnifique imagine la liberté d’être qu’un homme aurait s’il pouvait se repaitre de débauche, de destruction, d’alcool et de drogue sans avoir les stigmates qui marquent son corps et son esprit.

Ici, c’est le tableau magique de Dorian Gray qui se transforme, imprime ces traces et vieilli en s’enlaidissant tandis que le beau Dorian, toujours jeune, frais et dandy évolue dans le beau monde le jour et dans la luxure la plus horrible la nuit.

 

Quand il comprend que le tableau se métamorphose à sa place, et que c’est lui qui devrait être ainsi marqué, il l’enferme dans un placard, pour ne plus savoir, mais ne peut s’empêcher de revenir voir, de vérifier régulièrement.

Magnifique ellipse aussi de ce qu’on sait de nous, nous même, de nos travers sombres et de l’image qu’on affiche, qu’on donne aux autres.

 

Si vous ne connaissez pas ce chef d’œuvre je ne vous en dis pas plus, lisez le livre ou voyez le film de Albert Lewin (1945), les deux sont aussi bien !

 

Dr Jekill et Mr Hyde, a été tellement de fois refait, réécrit dans tous les styles qu’il n’est pas nécessaire que je le résume. Tout le jeu intellectuel est de savoir si Mr Hyde préexiste et est libéré par l’élixir, ou s’il s’invente sous son effet.

Mais dans les deux cas le Mr Hyde (qui se prononce en anglais comme « Hide », Monsieur Caché) de Stevenson se transforme en monstre et va se livrer aux pires turpitudes.

Et quand la crise est finie, le héros n’arrive pas à accepter, à comprendre, ce double malfaisant qui l’habite.

 

L’aveu de cette noirceur intrinsèque de l’homme à l’apparence la plus respectable est de mon avis un progrès dans l’acceptation de soi. Il faut savoir être à la fois sur l’apparence et dans un moi plus profond, connaitre ces envies de violences noires qui nous habitent.

 

Mais la noirceur, n’est pas que dans la dépravation. Il y a ces petits sadismes ordinaires qui vont faire qu’un chauffeur de bus démarre en regardant dans son rétroviseur courir une pauvre femme chargée qui va devoir attendre une demi-heure dans le froid. Ce prof qui note au faciès ou pire qui s’acharne sur le vulnérable, sur celui dont il sait que les parents n’interviendront pas. Ce cadre qui use et abuse de son pouvoir sur ses subalternes. Cette femme politique qui prend la parole et explique, comme un trait d’humour que les hommes gays peuvent se marier, mais avec une femme, révélant ainsi, les travers d’un milieu bourgeois, qu’on croyait d’un autre siècle, où tout se cache derrière une façade de bien-pensance, exactement comme Mrs Hyde et Gray !

 

Et que dire de la noirceur à l’échelle du Grand jeu de Kipling, dès qu’un homme prend du pouvoir, il est responsable et informé des guerres, des tortures pratiquées par son armée.

Même dans les plus grandes démocraties et les dirigeants les plus estimables tel qu’Obama, Nobel de la paix, qui n’a toujours pas fermé Guantanamo et qui ne peut ignorer les meurtres des drones de son administration et les assume derrière une façade d’humour chaleureux.

Non seulement la noirceur est à tous les étages de la société, mais à l’échelle du monde le meurtre devient autorisé ! Le droit s’inverse et on tolère aux états dans une paresseuse ignorance, ce qui, à l’intérieur du système, conduirait n’importe quel individu en prison.

 

Souffrance et souffre

 

Mais peut-on parler de noirceur, en ignorant le sadisme et son inventeur, le divin Marquis. Il est le premier à avoir théorisé le plaisir qu’apporte au bourreau la souffrance de l’autre.

Dans ses délires de violences et de tortures, il crée le fantasme et éclair de la lumière de sa torche, la noirceur, en acceptant enfin d’avouer pour l’humanité entière que la domination est un plaisir humain et que l’humiliation des faibles procure une jouissance.

 

Et voilà, que le monde des humains s’explique, l’homme aime créer de la souffrance, dominer. Tout le jeu du pouvoir est là.

 

Oui ! Mais s’arrêter là est trop court. Si l’homme n’aimait que la noirceur, le monde serait un enfer et uniquement cela.

Il y a une force opposée à la noirceur, au sadisme ordinaire.

Cette force, s’appelle l’empathie.

Elle a un pouvoir extraordinaire, elle nous fait souffrir de la souffrance de l’autre, rire de son rire et être heureux de son bonheur. Cette force se développe dans l’enfance et est proportionnelle à l’amour et à la sécurité sentimentale reçue. L’empathie est la beauté, on la retrouve dans l’Idiot de Dostoïevski, elle est le moteur de la bonté du prince Michkine.

Mais elle est aussi source de souffrance Christique, parce qu’elle fait porter à celui qui en déborde le poids de la noirceur du monde.

 

C’est le cas aussi de Nicolas Flamel…

NICOLAS FLAMEL

 

Nicolas est médecin depuis bientôt 20 ans. En prêtant le serment d’Hippocrate, il a juré le secret sur ce qu’il voyait de l’intérieur des maisons de ses patients et de ne jamais y user de séduction envers fille ou garçon.

 

Le secret pour les autres, oui, mais lui prenait dans son âme tout ce qu’il voyait. La tristesse des deuils, les maladies graves qu’il devait annoncer, les violences conjugales et au sein des familles, les viols, les grossesses non désirées, les coups, les accidents…

Jamais il ne disait un mot de cela, de sa vie professionnelle, à quiconque, même à sa femme. Et il était un très bon médecin et un psychologue, aussi.

Il voyait parfois au travers de la violence et des haines, des amours qui ne savaient pas s’exprimer, par manque d’habitude et par mauvaise éducation affective. Il arrivait souvent en parlant à démêler les conflits, à voir les tensions et à les détendre.

 

Il se battait régulièrement contre le destin et savait que son expérience arrivait à changer les probabilités des conséquences des comportements, des accidents ou des maladies.

 

Lorsqu’il auscultait le corps d’un malade, celui-ci changeait de statut. Ce n’était pas un corps d’enfant, un homme ou une femme qu’il touchait, c’était un problème à résoudre. Un questionnement pour trouver, détecter, un problème.

 

Toute la journée, il était régulièrement confronté à la noirceur du monde, il la connaissait mieux que personne. Son ennemi n’était pas tant la maladie, qu’il voyait plutôt comme un noble combat, c’était le sadisme du mari qui bat sa femme parce qu’il la sait dépendante de lui. Et la bêtise ordinaire aussi, l’égoïsme, qui fait que lorsqu’il arrivait sur un accident, personne n’avait osé s’approcher du blesser, le rassurer, lui parler.

Lui débordait d’empathie, il s’arrêtait toujours quand il voyait un accident. Il parlait au blessé, arrivait parfois à le faire rire pour attendre les soins, toujours il le calmait. Et quand c’était trop tard, qu’il savait qu’il n’y avait rien à faire, il posait sa main sur la tête du mourant et l’aidait avec des mots simples et des paroles douces à partir dans le calme et la sérénité.

 

Au fil de sa vie, Nicolas Flamel était devenue alchimiste. Un alchimiste affectif qui par son approche douce et aimante adoucissait à son tour le sort de ses proches.

Tout au moins est-ce ainsi qu’il était perçu, il était un homme bon.

 

Ce n’est que quand arrivait le soir, quand tout était en ordre, qu’il était sûr qu’aucun de ses patients ne le dérangerait, que sa femme et ses enfants étaient couchés, que Nicolas libérait ses démons.

Tel un mystère hide qu’il ne comprenait plus, il se mettait dans son bureau fermé et défoulait sa haine, sa colère, sa violence dans des écrits que n’auraient reniés ni Sade, ni Apollinaire.

Il mettait en scène des délires sadiques de manipulation machiavéliques et lorsque son texte était fini, il le postait sur la toile.

Le médecin avait une foule d’admirateurs qui lui écrivaient et il s’amusait parfois à entretenir la correspondance. Avec eux, sous le couvert de l’anonymat, il transformait l’or de la bonté dans le plomb fondu du fantasme.

 

Et pourtant…

 

Même dans sa part d’ombre l’alchimiste de l’amour se donnait des limites. Il s’autorisait toute lecture, toute pensée à partager avec ses interlocuteurs et interlocutrices à la seule condition que cela reste un jeu de fantasme imaginaire.

Et même là, dans les plus sombres méandres cachés de la toile, il utilisait son empathie pour discuter avec de jeunes adultes qui s’étaient égaré dans le coté obscure de l’internet, pour leur redonner des valeurs, des lignes de construction, parfois pour les décomplexer, leur faire comprendre que leur attirance vers le noir était humaine, parfois au contraire pour les remettre en face des limites, des règles à respecter pour ne pas se mettre en danger.

 

Des fois il lui fallait hausser le ton, mais toujours avec des règles et des mots simples, il expliquait la différence entre la liberté de pensée et la liberté d’acte qui sont deux choses différentes.

 

A minuit, défoulé de violence, il rejoignait sa femme et se couchait. Le matin, il veillait à s’occuper de ses enfants puis à 10 heures attaquait par ses consultations.

 

Et finalement, malgré ses excès nocturnes, Nicolas Flamel se considérait comme un homme équilibré, assez heureux de vivre, aimant sa femme et ses enfants, canalisant ses démons et s’épanouissant dans l’aide et l’amour des autres.

 

Un soir cependant, en ouvrant sa messagerie, il tomba sur un message :

 

«

Tu devrais cesser d’écrire, tu es trop violent.

Michel Dumoulin

»

 

Cette demande le fit sourire, parce que justement le propre de l’écriture est de demander un acte volontaire au lecteur. Contrairement au son ou à l’image, on ne peut pas lire un long texte involontairement. Encore moins, lorsqu’il est identifié comme texte noir et violent.

La réponse fusa immédiatement

 

«

Ben, arrête de me lire gentil lecteur. Tu es prévenu, si tu n’aimes pas le genre, ne viens pas

»

 

«

Tu ne sais pas ce qu’est la violence. Moi je l’ai trop connu. Je ne la supporte plus

Michel Dumoulin

»

 

Nicolas Flamel au contraire connaissait la violence vraie. Il avait envie de fuir, mais la noirceur à une force de gravité attirante et médecin, homme de science, il était curieux de tout, tel Pandore il ouvrit la boite :

 

« Raconte… »

 

Michel était un de ces hommes qui se sont fait embauchés par des boites privées, à 25 ou 26 ans, à la sortie de l’armée où ils avaient été repérés par des recruteurs.

Après un premier contact par téléphone, il avait été convoqué avec une quinzaine d’autres dans un hangar désaffecté de la banlieue nord de Marseille et des gars avaient testé en premier sa résistance à la douleur puis il l’avait questionné sur ses goûts, ses envies. Il savait qu’il n’avait pas affaire à des anges, il avait dit aimer la violence.

Le salaire était bon.

Le soir même, il était en bateau et 48 heures plus tard, il se retrouvait avec 30 gros bras, dans un village dans les rizières du Laos.

C’était l’année 1964.

 

Mais ce n’était pas une vie d’aventure que racontait Michelle.

 

Dans un français approximatif, il voulait décrire et faire admirer de l’écrivain sulfureux anonyme sa vie de débauche, de viol, de torture, d’assassinat. Il racontait l’indicible d’une vie de mercenaire spécialisé dans le tir à longue distance, qui s’était vendu toute sa vie pour participer aux atrocités des pires conflits.

Ce qu’il disait de lui, de ce qu’il avait fait en Corée, en Asie, en Afrique, en Serbie était là où les récits habituellement se taisent.

 

Pendant 40 ans, cet homme s’était vautré dans l’horreur en mettant tous les jours sa vie en danger comme le Goetz de Sartre et, n’étant pas puni par le Divin qu’il provoquait, il s’était cru autorisé à continuer.

 

Il ignorait juste que rien ni personne n’autorise, ni n’interdit.

 

Il n’avait pas lu Le diable et le bon dieu. Il méjugeait l’absence de châtiment et, toujours gracié de ses défis à la mort, il voulait oublier être seul responsable de ses actes.

Il aurait pu mourir, mais il a vécu et il a fait subir le pire à tous, y compris les enfants, qu’il prétendait protéger pendant le temps où ils étaient ses partenaires.

 

Aujourd’hui encore, à près de 70 ans, retraité enrichi de ses missions au long court, il se vantait de partager son lit avec une gamine de neuf ans.

 

Nicolas Flamel, connaissait trop l’humanité et la noirceur pour douter de son interlocuteur anonyme.

Non seulement, il ne voulait plus l’entendre raconter l’horreur de sa vie d’assassin, mais il voulait le tuer, arrêter cette existence qui s’était faite sur la douleur des autres et qui continuait encore aujourd’hui d’abuser d’une gamine.

 

Mais internet est ainsi fait que si Nicolas était anonyme invisible, Michel était aussi bien caché de lui.

L’alchimiste usa alors de la seule arme qu’il savait manier : les mots.

Il expliqua au mercenaire que s’il avait voulu protéger des enfants comme il disait, il y avait médecin de monde.

Lui avait, sciemment, choisi le côté sombre et pas la lumière.

 

Il lui expliqua qu’il avait dirigé librement sa vie et que ce qu’il commettait encore et dont il voulait l’informer, lui comme un confesseur laïc, était de sa seule volonté. Que lui souffrait de la douleur de l’autre et que les enfants étaient des trésors, des intelligences en devenir à qui on devait amour, respect et protection. Pas parce que c’est un devoir, mais parce que c’est une joie.

Il expliqua son plaisir de les voir grandir, devenir de jeunes adultes rassurés de leurs propres qualités et ouvert et curieux des autres.

Et ce bonheur de poser des questions comme « Pourquoi les avions volent-ils ? » à des petits et de les laisser réfléchir, chercher pendant des semaines, des mois, en les relançant. Voir leur raisonnement progresser et leur savoir s’accroitre. Les entendre résoudre des problèmes de plus en plus compliqués et venir ensuite vous les expliquer à vous qui devenez dépassés en savoir par vos propres enfants.

 

Flamel expliqua que sa vie d’aventure à lui, c’était quand il rencontrait un mari violent pour lui expliquer la souffrance de sa femme et de ses enfants, que parfois il était dans le frisson du danger quand il allait décrire au gars la teneur du certificat de constatation de blessure, pas pour le menacer, pour lui expliquer que sa femme ne voulait pas porter plainte comme Flamel lui conseillait, mais que lui savait.

Un cocktail de menace de châtiment, de bonté et de culpabilisation qu’il savait parfaitement doser.

Et l’aventure aussi quand avec les pompiers, il entrait dans une voiture prête à s’enflammer pour en extraire des blessés.

 

Nicolas Flamel ne critiquait pas le tortionnaire, il lui montrait la blancheur pour lui faire percevoir, à lui, la noirceur de la vie dont il était venu se vanter.

Au fil des échanges l’alchimiste sentait l’assurance de l’homme en face faiblir.

Enfin Michel baissa la garde pour trouver de la compassion :

 

«

Tu sais, je suis malade. Cancer, je n’en ai plus pour très longtemps.

Michel Duchemin

»

 

«

Tu es un soldat, meurt en homme

»

 

«

J’y ai pensé

»

 

«

Ton poignard de soldat, celui dont tu m’as décrit la manière dont tu l’utilisais, tu le cales contre le mur, la pointe sous le sein gauche, entre deux côtes. Ensuite tu as juste à appuyer un grand coup de ton buste.

Ça aura de la gueule.

»

 

«

Non, je veux mourir en moto. J’ai un ravin, proche de chez moi. Plein gaz et le grand saut

»

 

«

C’est moins bien, tu vas te rater. Au dernier moment, tu vas arriver à fond vers le trou et tu vas freiner. Ta moto va tomber. Tu vas glisser sur les cailloux comme de l’emmenthal sur la rape à fromage et tu vas juste faire une petite chute et une agonie de 48h !

Ou sinon, tu ne vas pas te rater, mais tu vas tomber sur la tête de quelqu’un !

Et puis pense aux promeneurs ! A ceux qui vont te trouver, si ce sont des gamins …

Tu ne vas quand même pas même dans ta mort en traumatiser encore un autre

»

 

«

Non, ne t’inquiète pas, j’ai pensé à tout. Et ma petite compagne héritera.

»

 

«

Bon, je te fais confiance. Mais maintenant que ta décision est prise, ne traine pas trop, la vie n’a plus rien à t’apporter et tu n’apportes plus grand-chose à personne.

Surtout préviens-moi avant de partir, je penserai à toi.

Adieu

»

 

«

Adieu

»

 

Nicolas Flamel ferma sa messagerie finalement soulagé. Il avait quand même eu très peur de son propre cynisme. Jamais il n’avait conseillé le suicide à personne, mais jamais il n’avait croisé un tel monstre non plus. C’était la première fois de sa vie que son empathie pour la douleur d’un être était paralysée, absente. C’est pour cela que l’alchimiste, le perpétuel amoureux de la vie et des hommes, voulait la mort de Michel. A aucun moment il n’avait souffert pour ce monstre froid qui voulait être admiré. La noire réalité avait rejoint le fantasme lumineux du jeu de l’écriture et l’avait gâché.

 

Enfin Nicolas trouva le sommeil. Puis les jours passèrent, il ne regrettait rien. Il ne reprit pas contact avec le mercenaire qu’il oublia.

15 jours plus tard en ouvrant la boite de ses lecteurs, l’alchimiste, trouva un message :

 

«

Bonjour, je suis le domestique de Michel Dumoulin. Il est mort d’un accident de moto hier. Il m’a laissé pour consigne de vous informer

»

 

Il n’y avait rien à faire, rien à répondre. Le gars n’avait pas voulu discuter, prévenir avant de partir.

Nicolas le comprenait très bien. Il fouilla dans les actualités pour voir si un accident était signalé quelque part. Rien. Il posta un message sur le mail de Michel qui lui revint en compte inexistant. Ce gars avait-il existé, était-ce un mythomane qui avait monté un scénario un peu pervers pour troubler l’alchimiste ou avait-il vraiment été ainsi. Cela resterait à jamais un des mystères des rencontres anonymes où l’on peut dire beaucoup, tout, et être aussi le contraire de ce qu’on est.

Et finalement c’était bien l’alchimiste qui en fusionnant le plomb, lui qui n’aimait que l’or, qui avait attiré sans le vouloir ce gars à lui, pas le contraire.

 

 

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