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Petite balade binaire depuis le 0 et le 1 jusqu'à l'orage magnétique de 1859

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SECTION Religion, Philosophie, Science

 

Une balade entre la plus petite parcelle d'information de l'univers et l'orage magnétique de 1859

 

Quand on est un amoureux des êtres et des mots comme moi, on ne se lasse pas de s’émerveiller des extraordinaires pouvoirs du langage.

Pouvoir de révélation de ceux qui l’utilisent, comme quand l’être et l’avoir conjuguent  les verbes de nos langues occidentales  

Pouvoir d’empathie émotionnelle entre le narrateur et le lecteur, comme quand Shakespeare vous entraine dans les démons d’Othello.   

Pouvoir de translation dans l’espace et dans le temps, quand les mots permettent d’étirer la seconde où de survoler un milliard d’années sans s’arrêter.

 

Les mots  sont la réplique humaine de l’univers que l’Homme côtoie depuis son origine. C’est avec eux que l’on peut réfléchir, coordonner, partager nos réflexions, dans tous les domaines du réel et de l’imaginaire.

 

Avec l’avancé des sciences et des savoirs, cet univers s’enrichi sans cesse.

Mais les mots sont aussi un univers onirique, celui d’Alice et de Munchhausen.

Entre reel et rêve, on peut aussi se servir du langage pour se balader sans contrainte dans l’information qui nous entoure.

C’est une de ces balades que je vous propose ici.

 

 

 

Le Langage binaire

 

En 2015, plus personne ou presque n’ignore ce qu’est le langage binaire au moins de nom.

Sur un plan conceptuel ou logique, c’est un peu différent. Comme dans de nombreux concepts scientifiques, c’est pour beaucoup, une notion un peu floue qui s’écrie en 0 et 1.

Les mieux informés savent que le système binaire est une convention de base arithmétique qui permet de retranscrire la totalité de tous nos calculs décimaux (écris avec les 10 chiffres 0123456789) uniquement avec 0 et 1.

 

En science de l’information, on sait que le couple 0-1 (le bit) est la plus petite information possible, la brique élémentaire de l’informatique qui permet de reconstruire toutes les autres.

 

Son avantage est une compression immédiate des données nécessaires pour écrire n’importe quel nombre. Et ça se comprends très facilement : les dix chiffres de 0 à 9 sont dix informations différentes.

Le 0 et le 1 sont deux informations, qui n’en font en fait qu’une. Rien ou quelque chose.  Le rien peut être inerte et le quelque chose est finalement la seule information qui change le 0 en 1 ou le laisse à l’état de zéro. 4 bits permettent d’écrire 16 combinaisons  différentes, 6 valeurs de plus que les 10 signes du système décimal.

 

Des chiffres et des lettres, des nombres et des mots

 

Les dix chiffres du système décimal  sont l’équivalent des lettres de l’alphabet. En s’assemblant ils écrivent les nombres. En cela ils sont une convention d’écriture que nous partageons pour pouvoir communiquer sur une base commune. Mais exactement comme la lettre « A » peut aussi être comprise comme le verbe avoir, et donc comme un mot, les chiffres peuvent aussi devenir des nombres dès qu’ils sont pris comme des valeurs et non plus comme des signes d’écritures.

 

En tant qu’information la plus simple qui soit, l’écriture du 0 et du 1 en tant que chiffre,  est aussi la plus facile qui soit, elle se contente d’une seule dimension et d’une cadence.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la cadence n’est pas forcément le temps, mais une distance identifiée sur la même dimension qui contient l’information.

 

Pour comprendre cela, il suffit d’imaginer une roulette partagée en 8 parts de camembert égale (la cadence) et une bande perforée (une seule dimension). Sur chaque part de roue un petit ressort de détend s’il y a un trou dans la bande, ou reste contraint, si la bande est pleine.

Il n’y a dans ce mécanisme de lecture aucune contrainte de vitesse ou de temps pour identifier les successions de 0 et de 1. Seul la distance sur une seule droite compte, c’est ainsi que deux zéros qui se suivent sont bien deux informations et non pas une seule. Cette roue lit des octets.

 

Toujours en partant du 0 et du 1 nous savons depuis Pascal que les opérateurs logiques  « si et/ou  alors » permettent de combiner les informations initiales pour aboutir par itération successive à un résultat d’addition, de soustraction et en compliquant, de multiplication, de division….

 

Là encore nous parlons en une seule dimension, le temps n’est pas nécessaire, il ne faut qu’un ordre d’enchainement des itérations qui synchronise l’ordre des opérations. On peut attendre, arrêter, reprendre, le résultat ne sera que l’avancé linéaire de cause à effet de la combinaison d’information.

 

Du 1 aux 10 chiffres

 

Ce qui est passionnant quand on explore la plus simple information de l’univers, le 1, c’est d’en comprendre sa nature.

Quel que soit le support, elle n’est que l’interruption d’une continuité.

A ce titre, on pourrait parfaitement inverser les rôles et dire que l’information est le 0 et la continuité le 1.

Mais en convenant que le 0 est le vide et le 1 le quelque chose qui interrompt le vide, on perçoit la simplicité vertigineuse de la brique qui construit toute notre conscience, mémoire, capacité de traitement informatique.

 

Et je précise « informatique » ici à dessein.

 

Pour reprendre un des petits plaisirs des mathématiciens qui jonglent avec les infinis, cette constatation permet de dire que la simple discontinuité d’une dimension infinie stocke en elle la totalité des livres, des images et des films et de tout ce qui nous entoure. Elle partage en cela ces qualités avec les décimales de Pi et tous les ensembles infinis

 

C’est ce vertige qui amène sans doute les réalisateurs de Matrix (et d’autres récits dans la même veine) à voir ses héros comme des humains artificiels qui prennent conscience de n’être finalement que les avatars d’un écoulement continu binaire qui anime leur univers.

Exactement comme les personnages d’un jeu vidéo.

 

Mais c’est là que le bât blesse. Si on ne peut contredire que par essence l’infini contient en lui, par exemple, la bible écrite dans l’ordre de ses lettres à l’identique, cette affirmation n’a aucune utilité si personne n’a le numéro de la première page à partir de laquelle la série prend du sens.  Et là, les probabilités pour calculer combien il faut explorer de séries, pour trouver 1 000 000 de signes ordonnés, montre la totale vacuité de cette affirmation.

 

Cependant, la mise en perspective de la richesse de la créativité virtuelle du binaire qui utilise une seule entité sur une seule dimension, préfigure celle d’une planète tellurique très concrète où s’emmêlent quatre dimensions, quatre interactions…

Et que penser de l’Univers !

 

Mais l’écriture binaire reste une convention pour des phénomènes arithmétiques qui sont eux universels, les opérateurs logiques qui calquent l’enchaînement causal régit par l'axe unidirectionnel du temps :

si etat 1 et état 2 alors résultat 1

 

Dans cette écriture, pour reproduire les 10 informations que sont les chiffres décimaux, il faut regrouper les bits en groupe égaux et leur attribuer une valeur de correspondance :

0-1= 2 informations en 1 bit

0-1et 0-1 permettent d’écrire en 2 bits, 00 ; 01 ; 10 ; 11 soit 4 combinaisons possibles

3 bits donnent 8 valeurs et 4, 16.

Ainsi de suite…

 

L’octet qui est la base de stokage informatique en 8 bits, contient 256 informations possibles, soit tous les chiffres, toutes les lettres et plus de 220 informations complémentaires

 

Binaire et Matrix

 

C’est là qu’apparait la césure du fonctionnement binaire et de la "philosophie Matrix". En bas la couche de 0 et de 1 sert au calcul et ou au stockage d’information (un texte par exemple). En haut, une couche d’interprétation qui associe aux séries leur correspondance en chiffre et en lettre du langage courant, en couleur, en taille, en type.

C’est une conception humaine, on y a prédéfini les résultats d’interprétation souhaités en table. On est très très loin de l'autonomie créatrice du hasard de l’erreur utile Darwinienne.

 

Au fur et à mesure des besoins et de l’augmentation des capacités de calcul, un ordinateur 32 bits actuel traite 4 milliards de combinaisons possible par incrémentation, avec 64 bits ce sont 20 milliards de milliards.

Ces capacités de traitement décuplées ont conduit à coder avec les mêmes méthodes que des chiffres et des lettres, les couleurs, les sons et les images, les mouvements, les interactions…

 

Nous faisons aujourd'hui des films sans acteurs et des explosions nucléaires virtuelles et aussi vraies que les vraies...

 

De plus en plus, les résultats des moteurs informatiques calquent l’intuition humaine parce que les fonctions d’apprentissages y sont intégrées. C’est-à-dire grossièrement qu’une table de préférence est ajoutée pour que  le choix ou la formulation le plus souvent sélectionné par les utilisateurs pour une question donnée soit priorisé, pour les consultations qui suivent. D’autres tables évaluent aussi le consultant de l’information pour croiser les pertinences.

 

Des sites combinent informatique et comportement humain, donnant une impression d’hyper-réalité. C’est le cas du site Second Life où des avatars animés par des humains se promènent dans un univers artificiel quasi-infini, avec le problème de la modération, puisque justement le but est de pouvoir se cacher et créer une infinité d’activité.

Mais il est intéressant de voir que ces sites restent loin en fréquentation derrière des réseaux sociaux qui permettent de complètement maitriser l’information diffusée sur les pages, avec un fonctionnement simplifié d’affichage de photos, de textes, de sons, de vidéos.

 

Mais faire les différences ou les ressemblances, calculer la distance qui séparent encore la réflexion humaine et l’informatique reste un peu vain. On connait assez bien la supériorité en capacité de traitement logique qui est la raison d’exister de la deuxième depuis Turing.

En cela, elle intervient dans la réflexion humaine en synchronisant des travaux qui demandaient des semaines d’acheminement des informations, elle permet aussi de sortir par des recherches instantanées, l’information utile.

L’automatisation des proprioceptions qui copie exactement le fonctionnement animal du déplacement en lui adjoignant le GPS, l’infrarouge, le radar pour créer la voiture autonome, qui préfigure bien sur, l’avion, le bateau, le train, l’hélicoptère… autonomes, nous amène à une nouvelle délégation de nos fonctions

 

Avec ses multiplants simultanés de réflexion, l’intelligence à la fois émotive, intuitive, calculatrice, mémorielle reste maitresse décisionnelle de ces outils et de notre bien-être.

Mais ces offres nouvelles nous emmènent aussi dans une dépendance technologique encore accrue.

Elles n’ont pas de sens bien ou mal par elles-mêmes. C’est la sélection et l’usage que nous en ferons qui leur donnera une fonction positive ou destructive.

Mais c’est aussi la continuité de la direction que prend notre humanité depuis la révolution industrielle de nous isoler dans des besoins devenus vitaux mais artificiels et technologiquement dépendants.

Cette dépendance n’est pas seulement culturelle, ce sont des fonctions complexes réellement indispensables à la survie d’une grande partie de nos sociétés...

 

L’Evénement de Carrington

 

Imaginez un orage magnétique tel que celui de 1859, le plus violent connu à ce jour. (Evénement de Carrington ; Eruption solaire de 1859)

Issu d’une éruption solaire, il a électrocuté de nombreux télégraphistes américains et déclenché des incendies des installations électriques pourtant peu courantes, il y a 170 ans. L’intensité électromagnétique était telle qu’elle a induit de très forts courants dans les bobinages et les a fondu

 

On a, à ce jour, une idée de la fréquence possible d’avènement d’un phénomène de même ampleur continentale, voire hémisphérique, comme étant bimillénaire.

 

Ce qui est certain, c’est que le même phénomène  arrivant aujourd’hui mettrait à mal, de nombreuses centrales, des transformateurs et le réseau électrique, tout le réseau satellite, le GPS notamment, la plupart des antennes, cables et relais téléphoniques, une grande partie des serveurs informatiques hors salle sécurisé…

 

Les conséquence d'un tel phénomène seraient : plus d’ascenseur, plus de transport électrique, plus de logistique de transport, plus de feu routier, plus de pompe à essence, plus de téléphone, de réseau, d’eau courante…

 

En fonction de l’ampleur de la catastrophe, la remise en état demanderait de quelques jours à plusieurs semaines, ou mois…

 

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Non le zéro et le un, ne sont pas la nature même de ce qui anime le vivant. Mais dans nos sociétés leur sous-jacence à toutes les fonctions vitales de soins, d’alimentation, de travail, de loisir, de déplacement…. Doit conduire à en réfléchir la sécurité et peut-être l’alternative à l’omniprésence indispensable de la plus infime parcelle d’information de l’univers.

 

PK

 

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