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Intelligence

LIEN VERS LE SOMMAIRE DES ARTICLES DU BLOG

 

SECTION Religion, Philosophie, Science

 

Intelligence…

 

Quelle chose merveilleuse que l’intelligence…

 

 

Tellement merveilleuse que personne n’arrive à savoir ce qu’elle est. Parlez rationalité et logique et on vous accuse d’oublier l’émotivité, soyez intuitif et on vous dit que vous ne raisonnez pas, pensez en modèle mathématique et il vous manque la philosophie, l’humanité.

 

 

Et si l’on passe par les hommes pour la comprendre, le neurologue parle neurone et synapse, l’endocrinien parle hormone, émotion, le shaman parle psychotrope et envoutement de l’esprit, le médecin parle du corps dans son intégralité, le prêtre parle âme et esprit saint, l’informaticien parle mémoire et programme d’exploitation, et le psy… parle psy !

 

 

L’animal est bête, l’Homme est intelligent !

 

 

Désolée de ne pas être d’accord, mais pour moi l’intelligence a une genèse évolutionniste. Si vous m’avez lu déjà, vous savez que je la fais commencer sous forme de proto intelligence quand la matière passe de l’inerte au vivant, quand elle quitte la logique causale et qu’elle devient logique finaliste.

 

 

Dès que le plus infime des unicellulaires se déplace avec un but, il donne un sens à son environnement : il y a le bon qui l’attire (la nourriture et la reproduction) et le mauvais qui le repousse (la toxicité, la blessure, la mort). 

C’est la vie qui donne le sens à l’environnement pas l’inerte. L’inerte n’en a pas besoin, il est causal et non pas finaliste.

Donner du sens à l’environnement est un atout pour la vie, pour le finalisme. Cela détermine les comportement primaire de recherche ou d’évitement.

 Paramécies

 

 

Donner du sens à l'environnement, c’est le début de la perception, de l’analyse et de la réaction. On pense souvent que les animaux n’ont pas d’émotion, je pense moi que l’émotion binaire agréable/désagréable ou plaisir/douleur est identique et quasi universelle dans le vivant. Elle s’est ensuite divisée en amour, haine, colère, peur, tristesse, remord, joie, surprise, envie, jalousie, bien être, angoisse, au fil de l’évolution…

 

Ces nuances sont une modification des émotions de la base binaire «bien/mal» en variations sémantiques et on les retrouve à différents stades de développement dans toute la chaîne du vivant parce qu’elles induisent des comportements utiles, adaptés, de fuite, de recherche, d’accouplement, de déplacement….

 

Toutes les émotions influent sur la conduite de la pensée et nier l’importance des émotions dans le raisonnement humain, même le plus rationnel, est un non-sens. On a de l’affection ou de l’aversion pour les concepts abstraits et chacun apprécie le geste parfait d’un sportif par l’affect, avant même de comprendre l’absolue interaction entre l’efficience du mouvement ou de la forme, d’un point de vue physique et le sentiment de beau.

L’affection guide dans les choix, rend intuitif. Mais on peut aussi la mettre de côté, et réfléchir de manière logique, se rapprocher de Pascal et de sa Pascaline ou, au contraire, réfléchir, penser, de manière empirique en activant plusieurs zones pas vraiment définies qui émulent une zone de probabilité pour le résultat.

 

Mais pour parler d’intelligence il ne faut pas occulter l’outil le plus spécifiquement humain de celle-ci : le langage.

Les mots sont l’outil le plus extraordinaire que nous ayons pour conceptualiser avec notre cerveau la représentation virtuelle de ce qui nous entoure. Ils sont eux mêmes-reliés à des concepts à la fois émotionnels, historiques, mathématiques... et ils sont les briques qui nous permettre de partager une réflexion.

Les mots ont une température, une humidité, une sensation qui leur est propre et il provoquent par eux-mêmes, seuls ou assemblés, des émotions. 

Le langage suit l’évolution des hommes et se spécialise en domaine en même temps que sa maitrise ouvre ou ferme des portes.

On ne peut raisonner sur le langage sans avoir une pensée pour les sourds si longtemps privés de l’accession aux mots et assimilés à des débiles mentaux qu’ils devenaient  pour cette seule raison. Le partage de mots communs est le ciment d’une culture, il fédère des émotions communes, un humour. Ce n’est pas l’uniformisation de celui-ci qu’il faut chercher, mais le tronc commun à tous. Celui qui permet à la fois de s’exprimer ensemble et entre tous, mais qui laisse la richesse des différences qui placent l'humain au summum de l'évolution.

 

Mais plus on réfléchit à l’intelligence humaine, plus il faut faire la différence entre l’individu et le groupe. L’atout extraordinaire de la réflexion est de pouvoir se diversifier et de s’associer grâce au langage pour réaliser des projets. Dans la logique de l’évolution, elle s’associe en symbiose et se spécifie. Et l’addition d’intelligences et de diversités de domaines de pensées conduit au savoir collectif qui accumule et se transmet.

 

 

Pour l’individu, faire la différence entre ce qu’il sait parce qu’il l’a appris du savoir du groupe et ce qu’il sait parce qu’il l’a compris, est un travail difficile.

 

Il n’est rien sans son groupe. Le même homme, ingénieur en nucléaire aujourd’hui, aurait été scribe en Égypte. Et que dire des religions transmises par le milieu social et la famille?

 

 

 

Parlant de savoir de groupe, j’ai toujours ressenti une gêne dans le mépris que montrent parfois mes congénères vis-à-vis des hommes qui avant Galilée pensaient que la terre était plate. C’est pour moi une sorte de supériorité déplacée et trop répandue.

 

              Cadran de l'horloge de la cathédrale St Jean à Lyon

 

La photo choisie en vignette de ce blog est l’horloge astronomique de la cathédrale St Jean de Lyon. Fabriquée aux environs de l’an mille, un peu avant, c’est une merveille d’art et de technologie mécanique et mathématique qui replace les fêtes chrétiennes en fonction des mouvements apparents du soleil et de la lune. En voyant cette œuvre magnifique, on comprend l’importance de la connaissance collective pour la compréhension individuelle.

 

Je ne pense pas que les hommes qui ont calculé et construit cette merveille soient inférieurs à ceux qui aujourd’hui envoient des hommes dans l’espace. Ils ont modélisé en deux dimensions la reproduction parfaite d’une terre centrale autour de laquelle gravitent soleil et lune et ils ont reproduit l’écoulement du temps avec, même, les anomalies qui déplacent les fêtes astrales. Et leur modèle est tellement parfait, qu’il leur cache la réalité révélée par l’arrivée de la lunette qui a permis de complexifier le modèle abstrait du système devenu solaire.

 

C’est ainsi, qu’il faut voir le savoir. C’est une réalité, un modèle du tout, accepté par tous mais qui mérite toujours d’avoir un doute, d’être complété et, parfois, d'être entièrement remis en cause.

L'histoire de l'astronomie en est l'exemple parfait avec une terre d'abord au centre de l'univers, puis un système solaire, puis l'attraction universelle, puis la relativité générale et la courbure de l'espace temps, en attendant...

 

A chaque fois ces modèles satisfaisaient tous les calculs nécessaires à leur temps sauf à la limite du savoir. C'est encore le cas aujourd'hui puisqu'on connait l'incompatibilité de la relativité générale avec les théories quantiques. Mais incomplet ne veut pas dire faux, et les lois de la gravitation universelle suffisent encore à placer un satellite en orbite géostationnaire. En revanche, pour obtenir la précision actuelle des GPS à usage scientifique de l’ordre du millimètre sur les trois axes, il faut corriger l’heure des pendules embarquées avec des formules de décalage qui découlent, elles, de la relativité générale. 

 

Pour en revenir à l’intelligence, elle est dissociable du savoir, de cette addition de mémoires qui constitue la culture mais la nature de ces informations modifient le résultat de leur traitement par l'action de l'intelligence en fonction de ce qu’elles sont. Elle s’est constituée par sélection et agglomération de mémoires et de zone de traitement qui ont toute une utilité dans les décisions à prendre dans les choix. L'intelligence est l'outil le plus pointu du finalisme né avec le vivant.

La spéciation des mémoires en mots et l'utilisation d'une grammaire et d'une conjugaison démultiplient le traitement des informations et le niveau d’abstraction. La maîtrise des mathématiques permet de se mouvoir dans une autre dimension, celle de la répétitions des règles qui organisent l’univers. Les règles logiques qui sont immuables, mais aussi la géométrie qui, d’un triangle rectangle étudié pour arpenter un champs, permet de déduire le diamètre de la terre en promenant une perche et son ombre à midi en différent point du globe et celle de l’arithmétique qui permettent de passer de la masse de l’électron et du soleil à la courbure de l’espace-temps.

Comme tout dans le chaos qui nous entoure,le fonctionnement des intelligences individuelles et collectives produisent des fractals.

Et si vous vous introspectez, vous allez pouvoir identifier comment vous fonctionnez mais vous pouvez aussi comprendre comment fonctionne votre alter-égo, votre groupe, votre équipe...

 

En résumant :

Un être humain réfléchit par l’analyse d’informations de différentes provenances en fonction d'un objectif à définir ou à atteindre : mémoires et savoir, traitement de signaux de perceptions extérieures (ouïe, toucher, odorat, vue, goût), traitement de signaux intérieurs (état émotionnel habituel ou réactionnel, digestion, douleur, fatigue, état de corps).

Les individus ont des caractères (leader, suiveur, doux, dur…) qui les différencient. Ils viennent à la fois de leur construction innée et acquise.

L’environnement affectif des premières années est primordial pour les animaux grégaires que nous sommes.

Le niveau de vocabulaire et d’abstraction aussi

 

Une fois ces différences de caractères intégrées, c’est le traitement des deux sources externe et interne qui conduit à la prise de décision « intelligente » individuelle. Mais ce qui est intéressant, ce qui ressort de de ce qu'est une intelligence globale individuelle utilisant les mots, le cerveau, la mémoire, les hormones et le corps, c’est qu’on s’aperçoit que l’état de corps et d’humeur prime sur l’analyse : une rage de dent paralyse la pensée, idem pour la colère et que dire de l’agression qui entraîne immédiatement une mobilisation des muscles et des réflexes d’auto défense et d’attaque, ou chez d’autres un renfermement et une soumission immédiate.

 

agression ?

 

De cela découle l’importance pour tout individu d’essayer de se donner le control au maximum, du rationnel sur les sensations et de toujours essayer de savoir si il pense par ce qu’il comprend ou uniquement par ce qu’il perçoit aux travers des filtres de ses humeurs.

 

Ensuite, il suffit de savoir que la pensée se construit et s’exprime et se propage dans son mode le plus simplement transmissible en mots conjugués, assemblés par une grammaire et en représentation mathématique pour comprendre l’importance de l’éducation des individus pour une société.

 

 

Et c’est la même chose pour une société, un groupe. Je ne reprendrai pas ici le modèle Egyptien sur la genèse de la fédération d’un groupe en société que j’ai développé dans la logique Darwinienne, mais bien la société française dans son ensemble.

 

La France est sur le plan de l’intelligence de groupe, une mosaïque de nuances associées autour d’un nom : France, d’une devise : Liberté-Egalité-Fraternité (qu’on ne rappelle pas assez) et d’une histoire commune dans des frontières à peu près stables depuis 63 ans (si on oublie la décolonisation et l’arrivée de Mayotte).

Bocage de Mayenne

 

Là, je dois faire un aparté pour vous dire que mon approche par l’information minimum, par le PPCM mathématique, me fait plus que douter de l’existence de l’entité commune de pensée « France », puisqu’à chaque élément fédérateur, on trouvera des groupes ou des évènements qui prouveront qu’elle n’est jamais unanime.

 

Et pourtant, il y a des coordinateurs qui font qu’être Français, c’est bien raisonner ensemble, mais pas forcément dans le même but !

 

Mais ce qui m’intéresse ici, c’est juste de montrer que les groupes, ont des traits communs dans leurs logiques de construction de raisonnement, avec les individus. J’aurai pu passer avant par une équipe de foot, ou la corrélation est plus rapide et évidente, mais je ne veux pas être trop long.

Pour la France, il y a d’abord l’état de corps, qui s’ausculte par l’indicateur de moral, la consommation d’alcool et de psychotrope, le taux de chômage et de création destruction d’emploi, les actes de violences, les ventes de livres de produits culturel, les entrées aux musées, le taux de suicide…

Il y a la réflexion qui se voit par la qualité des décisions proposées, des orientations, des débats. Et il y a les humeurs, qui sculptent et tordent la réflexion, exactement comme chez l’individu. Et exactement comme pour l’unité, l’humeur de l’ensemble n’est pas forcément la représentation de la vérité mais un ressentit, qui est soit faussé par le savoir interne, par une souffrance émotionnel, soit par la perception extérieur.

 

Je ne veux pas parler d’actualité ici, mais pourtant, j’ai envie de vous décrire une manipulation de l’intelligence collective dans un but d’intérêts individuels. Elle est d’autant plus intéressante, que c’est une manipulation similaire dans bien des cas de guerre ou d’événements chaotiques, et que vous en reconnaitrez la fractale dans des événements actuels.

 

Bien entendu, vous parlant de la guerre d’Algérie, que j’ai regardé dans sa logique d’emballement, je sais que je vais toucher des gens pour qui ce passé est encore présent dans leur chair. Je vous précise que je ne veux ici que décrire la logique dans son information minimum, je ne donne pas de date et je ne fais pas d’histoire, j’accepterai vos commentaires et contradictions et les intégrerai à mon raisonnement s’ils m’apparaissent fondés.

carte d'algérie

 

Au sortir de la guerre en 45, la décolonisation s’engage, mais l’Algérie ne semble pas vraiment concernée. C’est un département Français et non une colonie, et il y a une certaine indifférence à ce problème politique. Le FLN est très largement minoritaire, et chacun vaque à ses occupations sur ce territoire immense. Le FLN qui ressent l’Algérie opprimée, décide sciemment de polariser les populations et il utilise pour cela le terrorisme politique.

Il organise des attentats spectaculaires et odieux contre des civils qui sont tellement horribles que l’armée française réagit tout aussi violemment et odieusement dans sa répression. Cette violence répressive est utilisée, montrée en propagande et « justifie » d’autres attentats. Dans les deux camps, les plus belliqueux prennent la parole et occultent l’apaisement qu’ils traitent en lâche.

D’attentats en répression, la colère devient haine et la haine devient hostilité ouverte.

Les intelligences individuelles autant que l'intelligence collective sont submergées par les émotions. La violence expulse les rancoeurs sans se préocuper des conséquences, la pensée se fige.

Au final, partant d’une société relativement apaisée, le comportement de violence et d’agression mutuelles conduit au départ de ceux qui sont devenus des cibles de cette haine et haineux en retour.

Le FLN prend le pouvoir en Algérie.

 

C’est pour cela aussi, qu’il faut apprendre aux groupes qui manifestent leur humeur à rester dans les limites du tolérable, il y a toujours des minorités qui trouvent un intérêt au chaos, et là, je pense bien sûr, à l’extrême droite pour qui une des seules chances d’arriver au pouvoir est d’occulter le débat. C’est d’ailleurs surprenant (enfin pas tant que cela) de voir comme sa leader actuelle, arrive à chaque interview en colère. C’est devenu son registre unique d’intervention. Et il y a une raison simple à cela, la colère paralyse la pensée, la focalise sur un point unique qui l’entretient d’elle-même. Le front National n’a aucun intérêt à ce que la France se calme et réfléchisse à ce qu’il propose. Et plus la colère grondera, plus il sera fort.

 

Cela doit amener aussi à réfléchir à la réponse à apporter à sa base.

L’extrême gauche joue sur le même registre de représentant de la colère, ce n’est pas forcément une erreur. La droite populiste essaye de développer une alternative idéologique qui reprend certain des thèmes qui attirent ses électeurs vers l’extrême droite pour les retenir. Cette carte est dangereuse parce qu’elle banalise les thèses le plus nauséabondes, racisme, préférence nationale, rejet des impôts car ce sont bien ces valeurs que cette droite « décomplexée » apprécie dans le FN.

 

Je pense moi que nous sommes dans une période dangereuse et que l’ensemble des républicains humanistes et ouverts doivent ne surtout pas rejeter le front national, parce que c’est son jeu de se placer en victime censurée. Il est bien plus utile de mettre en scène ce que serait une victoire aux élections d’un tel parti. Reprendre les idées, sans les honnir, mais montrer ce qu’elles amèneront.

Il faut ramener le FN dans le débat. Poser la question de ce que deviendront nos centaines de milliers d’expatriés, à haut salaire en Algérie, au Maroc, en Afrique, si on généralise la préférence nationale envers les autres peuples ! Ce que sera la dette réévaluée en Francs ! Que sera une France xénophobe en Europe ? Et que fera-t-on des licenciements avec l’extrême droite. Il faut forcer le FN à annoncer le concret de sa politique publique et à sortir de ce discours de colère jouée volontairement.

 

Tout acte de rejet global du FN le renforce, car c’est ce rejet qui attire les gens excédés dont l’intelligence se paralyse.

intelligence collective

 

Et je m’aperçois au terme de cette réflexion sur la nature de l’intelligence qu’elle m’a fait passer au discours politique. Ce n’est pas un hasard. L’intelligence collective peut s’organiser pour des projets nécessitant l’addition des cerveaux en découpant les tâches que nécessitent un but, et en les répartissant entre des individus qui coordonnent l’action, on retrouve cela dans les entreprises, mais aussi avec des organisations sociales et hiérarchiques différentes, dans les coopératives, les association, l’armée…

Toute organisation humaine constitue d’abord une organisation de pensée.

Mais quand la réflexion ne porte plus sur un but mais sur l’ensemble d’une société, elle prend tout simplement le nom de politique.

 

La pensée, l’intelligence pour le groupe devient donc la politique, dommage que l’inverse ne soit pas toujours vrai !

 

PK

 

 

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